Voyage à la Caverne du Pont-d’Arc le 20 avril 2017

Une petite délégation de membres de La Truffe s’est récemment rendu à la Caverne du Pont-d’Arc, à l’invitation du directeur du site, membre de notre Amicale, Kléber Rossillon, à qui nous devons cette visite dans un lieu hors-normes dont il a su assurer une fréquentation remarquable (plus d’un million de visiteurs depuis son ouverture en avril 2015). Nous l’en remercions chaleureusement.

Ce lieu, en effet, « vaut le voyage », selon les critères du Guide Vert, car c’en est un effectivement depuis Paris, avec 2h30 de train puis 1h30 de car à travers la Drôme puis l’Ardèche.

Mais quel éblouissement ! Dans un cadre respectueux de la garrigue méditerranéenne – nous sommes sur le haut plateau dominant les gorges de l’Ardèche –, entre chênes verts et murets de pierres sèches, se loge le bâtiment conçu par deux cabinets d’architecte inspirés, qui abrite l’espace de restitution de la grotte Chauvet, découverte en 1994. La richesse et la fraicheur de l’art pariétal déployé dans cette grotte, et restitué avec une fidélité aux détails exceptionnelle, témoigne de l’invention et de la créativité des Aurignaciens (des homo sapiens, comme nous) qui ont œuvré là il y a 36.000 ans, pendant une période encore mal connue. Un tel sanctuaire abritait-il un culte à une déesse mère, à des animaux dessinés sur les murs, avait-il une vocation chamanique ? Le choix entre des hypothèses multiples ne sera vraisemblablement jamais tranché.

Mais le résultat est à la hauteur des espérances des Périgourdins, amateurs de préhistoire, et nourris de leur fréquentation de la Grotte de Lascaux (et de ses divers fac-similés, dont Lascaux 4 le dernier-né) et des sites de la Vallée de la Vézère.

La finesse de la reconstitution du cadre naturel est éblouissant : concrétions calcaires, sol argileux, accidents de la paroi, cavités où se nichent certaines peintures, effondrement par endroits du sol la galerie, volumes imposants, tout contribue dans ce lieu à faire renaître l’émotion ressentie par les inventeurs de la grotte. Et la diversité des peintures, dessins ou gravures atteste du talent des artistes de jadis qui savaient déjà reproduire le mouvement, la perspective, le passage des saisons, tant leurs animaux en noir, gris et blanc, savent incarner la vie même dont était faite le quotidien de nos ancêtres du Paléolithique.

La visite de l’espace de restitution s’achevait, sous la houlette éclairée de Kléber Rossillon, avec la Galerie de l’Aurignacien, centre de découverte complémentaire de l’immersion dans la caverne faisant découvrir la période préhistorique des dessinateurs de la grotte Chauvet, et un choix d’œuvres d’artistes contemporains inspirés par l’art pariétal.

Jean-Luc Soulé
Président